Un an après...
Par Claire Hoddé, mercredi 11 août 2010 à 23:20 :: Divers
Un an jour pour jour que je suis en France ! Le temps du bilan est écoulé, et ce blog ne serait pas terminé sans ce dernier article.
D'abord, qu'ai-je fait cette année ?
Même accueillie chez mes parents, il ne m'est pas facile de me réinstaller en France. Je suis sans travail et dépendante de la disponibilité de la voiture de mes parents. Peu à peu je me sens coupable de ne pas travailler, pire encore, de ne pas savoir vers quelle direction m'orienter. En effet, je ne suis pas sûre de continuer l'informatique...
Le phare de ces quatre premiers mois fut le pôle emploi. Je m'y inscrit dès que possible, et demande à suivre un bilan de compétence très vite accordé. Une fois par semaine, je me rends à cet entretien où Valérie écoute mes aspirations, et me pousse à chercher du travail. Je fais mes recherches à contre coeur, mais j'avance, car je ne me sens pas seule dans mes démarches. Cette recherche me donne un but, je respire.
Vient enfin cet entretien à la CNAM, la Caisse Nationale d'Assurance Maladie, où je me sens très accueillie par celui qui est maintenant mon chef d'équipe. J'accepte la proposition d'embauche, et je déménage dans une ville que je ne connais pas : Angers. Je connais peu de monde, j'achète une voiture, un vélo. Et je me sens seule.
Je décide de m'inscrire à une formation : "Formation Personnelle Méthodique" auprès d'un organisme qui fait du développement personnel (PRH). J'ai déjà suivi des stages, et je me demande si je voudrais devenir formatrice chez eux. J'apprécie ces rendez-vous avec soi, cette invitation à une meilleure écoute de soi.
Enfin, je rencontre Ivan, un collègue de boulot ! C'est le début d'une nouvelle vie amoureuse. Nous visitons Angers et la Bretagne ensemble, Le Caire et Alexandrie aussi. Je ne suis plus seule, et je me sens prête à faire des projets !
Alors, que m'ont apporté ces deux années au Caire ?
D'abord, elles m'ont apporté des rencontres très riches, de nouveaux amis, français et égyptiens. Mon cercle d'amis s'est beaucoup élargi. Je me suis aussi confronté à mes affinités et mes limites. Je me suis découverte autrement. Ensuite, je connais mieux la culture arabe et musulmane, ma curiosité grandit au contact des étrangers en France. J'ai élargi mon horizon, je me découvre maintenant plus empathique, mieux capable de comprendre l'autre. Enfin, j'ai appris une nouvelle langue, et c'est très appréciable de retourner en Egypte en connaissant la langue !
Mais encore ?
Plus profondément, j'ai découvert qu'il n'y a pas de rencontre sans exposer ses fragilités. En choisissant de partir, j'ai choisi l'inconnu, la dépendance. Je me suis confiée à certains, j'ai écouté d'autres. Nos relations s'en sont trouvées enrichies. Ces contacts m'ont construit. Je me demande si la vocation de l'homme ne réside pas là, dans le partage de telles amitiés et confiances mutuelles. Au final, cette aventure m'a appris à être plus bienveillante envers moi et envers les autres.
Voudrais-je retourner au Caire ?
Je suis retournée 10 jours au Caire récemment. J'ai été très heureuse de retrouver mes amis égyptiens, et d'être en vacances dans un lieu qui me semblait familier. Mais curieusement, il m'a été pénible d'écouter leurs difficultés de chaque jour, et même de les vivre, quand on a goûté la douceur angevine. Quand je vivais avec eux, je pouvais être disponible à tout moment, j'étais présente, je pouvais passer de longues soirées avec eux. Mais maintenant que je réside en France, je ne sais plus comment les aider autrement que par des dons d'argent. Et cela m'attriste d'en arriver là, après deux années de coopération.
En seulement 10 jours, j'ai trouvé le Caire sale, bruyant, fatiguant. Je ne me vois pas supporter le stress d'avoir un boulot sans garanti, avec une paie qui tombe... ou pas. Et j'apprécie tellement de retrouver la nature, la culture, les chateaux de France !
En plus j'ai eu une très bonne surprise : Mina a exprimé le souhait de devenir Dominicain. Cela promet de longues études en France, et donc des retrouvailles plus fréquentes que je ne le pensais !
Ma vie est désormais à Angers, et c'est très bien comme cela !



























